La transplantation fécale

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Une technique prometteuse

La lecture des termes de transplantation fécale engendre souvent un réflexe de dégoût et de méfiance, mais il s’agit pourtant d’un sujet de recherche des plus sérieux et prometteur en santé digestive.

En effet, la transplantation de microbiote fécal a déjà fait ses preuves, notamment pour le traitement de l’infection à Clostridium difficile1.

Clostidium difficile, qui es-tu ?

Clostridium difficile est une bactérie gram positif (disposant d’une membrane et d’une paroi très épaisse), qui tient son nom de sa difficulté à être isolée.

Elle est la cause la plus fréquente des diarrhées acquises à l’hôpital, et l’infection survient le plus couramment après la prise d’antibiotiques.

Le principe

Comme son nom l’indique, le principe est de transplanter des matières fécales d’un individu à un autre. Au sein de la matière fécale, c’est le microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin et qui se retrouvent en partie dans les selles, qui est utilisé pour la prise en charge thérapeutique des patients.

Concrètement, l’idée est de prélever les selles d’un individu sain, et de les transférer à un individu dont l’état de santé vise à être amélioré.

Cette transplantation se fait par voie orale ou rectale, au moyen d’un colonoscope (tube flexible utilisé lors de la coloscopie).

Pour la voie orale, il existe différentes méthodes : l’encapsulation des selles, ou l’emploi d’une sonde naso-gastrique pour déposer directement les selles au début de l’intestin grêle.

Il existe aujourd’hui des techniques de centrifugation permettant une meilleure concentration des bactéries et une meilleure adhésion à la muqueuse digestive du receveur.

L’état actuel de la transplantation fécale

Cette technique en est encore à sa phase initiale. Bien que pratiquée depuis quelques décennies, peu d’études avaient été réalisées afin d’en mesurer les effets sur le long terme.

De plus en plus d’études étant réalisées, il y a davantage de résultats prometteurs, mais ces derniers doivent être interprétés avec précaution, du fait du peu de recul dont nous disposons sur cette pratique, à l’échelle de la recherche.

En effet, des questions restent en suspens : dans quel(s) cas est-elle efficace ? Quelles sont les bactéries à transplanter ? Quelles sont les conséquences à long terme d’une greffe fécale issue d’un tiers ?

Cette dernière question a ouvert la voie à la « transplantation autologue », c’est-à-dire au prélèvement et à la conversation d’un échantillon de son propre microbiote en étant en parfaite santé, afin de le réutiliser en cas de nécessité (par exemple, pour pallier les effets d’un traitement antibiotique ou d’une radiothérapie).

Les indications de la transplantation fécale

La transplantation fécale est surtout utilisée chez des patients présentant des infections récurrentes à Clostridium difficile, qui sont souvent le résultat de l’usage d’antibiotiques prescrits pour une autre maladie.

Toutefois, elle est également de plus en plus pratiquée pour prendre en charge d’autres troubles gastro-intestinaux, comme le syndrome de l’intestin irritable2, ainsi que d’autres pathologies non digestives (sclérose en plaques, autisme…)3.

Ce qu’il faut retenir

  • La transplantation fécale est une technique prometteuse.
  • Egalement appelée greffe fécale, elle repose sur la transmission d’un microbiote intestinal sain à un individu malade.
  • La transmission peut se faire par voie orale ou fécale.
  • D’autres recherches sont nécessaires pour affirmer son efficacité dans d’autres domaines que les pathologies digestives.

Nos références

1. The evolution of the use of faecal microbiota transplantation and emerging therapeutic indications, Allegretti et al., Lancet, 2019

2. Intestinal microbiota, fecal microbiota transplantation, and inflammatory bowel disease ; Weingarden AR, Vaughn BP, Gut Microbes, 2017

3. Therapeutic potential of fecal microbiota transplantation ; Smits et al., Gastroenterology, 2013

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